Que sont les hautes dilutions dynamisées ?
Les DHD sont des préparations obtenues par un processus de dilutions répétées et d’agitation vigoureuse, appelé dynamisation ou potentialisation. Cette méthode trouve son origine dans l’homéopathie, où des préparations similaires sont utilisées depuis plus de deux siècles.
Contrairement aux produits agricoles conventionnels, les DHD ne sont pas destinés à fournir des nutriments ni à éliminer directement les ravageurs et les maladies. Leurs partisans estiment au contraire qu’elles agissent comme des biostimulants, aidant les plantes à activer leurs capacités naturelles de croissance, d’adaptation et d’autorégulation.
Une autre façon d’envisager la santé des plantes
La plupart des intrants agricoles sont conçus pour lutter contre un problème spécifique : une maladie, un ravageur ou une carence en nutriments. Les DHD reposent sur une philosophie différente. Plutôt que de s’attaquer directement au problème, ils visent à soutenir la vitalité et l’équilibre global de l’organisme.
Cette perspective est parfois qualifiée de salutogénique, ce qui signifie qu’elle se concentre sur les origines de la santé plutôt que sur les causes de la maladie. Concrètement, l’objectif est de renforcer la plante afin qu’elle puisse mieux faire face aux stress environnementaux, aux agents pathogènes et à l’évolution des conditions de culture.
Cette façon de penser est familière à de nombreux agriculteurs biodynamiques. La biodynamie cherche également à traiter la ferme comme un organisme vivant et à stimuler les processus naturels d’autorégulation plutôt que de s’appuyer principalement sur des interventions externes.
Que révèlent les recherches ?
Bien que la recherche dans ce domaine reste limitée, plusieurs études rapportent des résultats prometteurs.
Les scientifiques ont observé toute une série d’effets, notamment une meilleure germination des graines, un développement plus vigoureux des semis, une activité photosynthétique accrue, une croissance améliorée des racines et des pousses, une meilleure reprise après la taille, l’activation des mécanismes de défense naturels des plantes et, dans certains essais en plein champ, une réduction de l'incidence des maladies.
Par exemple, des études menées sur les haricots, les pois, le brocoli, le riz et le yerba mate ont montré des améliorations de la croissance ou de la résilience après un traitement avec les DHD. D'autres expériences ont fait état d'une production accrue d'enzymes et de composés impliqués dans la défense des plantes, ce qui suggère que ces préparations pourraient stimuler les réponses immunitaires propres à la plante.
L'un des avantages pratiques souvent mis en avant est que les DHD sont utilisées en quantités extrêmement faibles et ne laissent pratiquement aucun résidu chimique, ce qui les rend compatibles avec les systèmes d'agriculture biologique et biodynamique.
Pourquoi les DHD sont-elles controversées ?
Malgré ces résultats encourageants, les DHD restent très controversées au sein de la communauté scientifique.
Le principal défi réside dans le fait que de nombreuses préparations sont diluées bien au-delà du point où la substance d’origine est censée être présente. Selon la chimie conventionnelle, il est difficile d’expliquer comment de telles solutions pourraient produire des effets biologiques.
Pour cette raison, les sceptiques suggèrent souvent que les effets observés pourraient être dus au hasard, à un biais expérimental ou à des effets placebo. Cependant, les partisans soulignent que des résultats positifs ont également été observés lors d’expériences sur des plantes et des animaux, où les explications par l’effet placebo sont moins convaincantes.
Le débat scientifique porte donc moins sur la question de savoir si certains effets ont été rapportés que sur la manière dont de tels effets pourraient se produire.
Expliquations possibles
Plusieurs hypothèses ont été proposées. Certains chercheurs suggèrent que le processus de dynamisation pourrait créer des nanostructures ou des particules de taille nanométrique qui conservent les caractéristiques de la substance d’origine. D’autres avancent que l’eau pourrait être capable de stocker et de transmettre des informations structurelles ou électromagnétiques générées au cours du processus de préparation.
Des études utilisant la spectroscopie, la cristallographie et des méthodes biophysiques ont rapporté des différences mesurables entre diverses dilutions élevées. Les chercheurs ont également exploré des concepts issus de la théorie des systèmes, de la science de la complexité et de la biologie quantique pour comprendre comment les organismes vivants pourraient répondre à des signaux extrêmement subtils.
À l’heure actuelle, cependant, aucune explication unique n’a fait l’objet d’une large acceptation scientifique. Les mécanismes sous-jacents restent donc un sujet de recherche et de débat actif.
Expérience sur les fraises
Cette synthèse s'accompagne d'une expérience en serre menée en double aveugle au Brésil entre 2019 et 2021 sur des plants de fraisiers. Les chercheurs ont testé plusieurs DHD à base de minéraux, notamment le soufre, le phosphore, le kali carbonicum, le calcarea carbonica et la silicea terra, tous préparés à la dilution 12CH. Au cours des deux essais, les traitements à base de soufre, de phosphore et de kali carbonicum ont été associés à une croissance accrue des plantes, à des rendements plus élevés et à une incidence moindre des taches foliaires, tandis que silicea terra et calcarea carbonica ont favorisé le développement racinaire. Bien que les auteurs soulignent que des recherches supplémentaires en plein champ sont nécessaires pour confirmer ces résultats dans des conditions agricoles variées, les résultats suggèrent que les DHD pourraient constituer une approche biostimulante prometteuse pour la production agroécologique de fraises et méritent d’être étudiés plus en profondeur.
Source
Étude originale : Faedo, L., Matias, C., Verdi, R., Wright, J., Rayns, F., Kretzschmar, A., & Boff, P. (2024). The use of mineral dynamised high dilutions for natural plant biostimulation; effects on plant growth, crop production, fruit quality, pest and disease incidence in agroecological strawberry cultivation. Biological Agriculture & Horticulture, 40(4), 267–287. https://doi.org/10.1080/01448765.2024.2396894
Cette étude est couverte par la licence Creative Commons CC-BY (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/) et a été résumée pour le présent rapport d'étude.



